Le terme « frigidité », longtemps utilisé pour qualifier une baisse ou une absence de désir sexuel chez la femme, est aujourd’hui considéré comme dépassé et péjoratif. Les professionnels de santé lui préfèrent désormais l’expression dysfonction sexuelle féminine, plus précise et moins stigmatisante.
Selon le sexologue Jean Paul Kouamé, cette dysfonction peut se manifester de différentes façons : baisse du désir, difficulté à atteindre l’excitation, absence de plaisir, douleur pendant les rapports ou impossibilité d’atteindre l’orgasme. « Il ne s’agit pas d’un seul problème, mais d’un ensemble de situations qui peuvent avoir plusieurs origines », explique-t-il.
Des causes multiples
Les causes de la dysfonction sexuelle féminine sont souvent imbriquées. Elles peuvent être psychologiques, hormonales, relationnelles ou encore liées à des problèmes de santé. Le stress, la fatigue, certains traitements médicaux, les bouleversements hormonaux après un accouchement ou à la ménopause, mais aussi les tensions dans le couple peuvent jouer un rôle.
Pour Jean Paul Kouame, il est essentiel de ne pas réduire ces difficultés à un simple manque de volonté ou à un blocage personnel. La sexualité féminine est influencée par de nombreux facteurs, et chaque situation mérite une écoute attentive.
Les signes à repérer
Les symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre, mais certains reviennent fréquemment. Il peut s’agir d’une diminution durable du désir sexuel, d’une difficulté à ressentir l’excitation, d’un manque de lubrification, de douleurs lors des rapports sexuels, appelées dyspareunie, ou encore d’une difficulté à atteindre l’orgasme. Le vaginisme, qui correspond à une contraction involontaire des muscles du vagin, peut aussi rendre la pénétration difficile, voire impossible.
Retrouver le plaisir sexuel
Pour le sexologue Jean Paul Kouame, la première étape consiste à consulter un professionnel de santé afin de comprendre l’origine des difficultés et d’identifier la prise en charge la plus adaptée. La communication au sein du couple, l’exploration de son corps, la relaxation et l’éducation sexuelle font aussi partie des pistes à privilégier.
Le spécialiste recommande également d’explorer la nudité comme si c’était la première fois : prendre le temps de s’allonger nu(e), de découvrir son corps avec la main ou avec une plume, sans se précipiter vers les zones intimes. L’objectif est de mieux ressentir ce qui procure du plaisir, de repérer les zones de sensibilité et de porter un regard plus apaisé sur son propre corps.
Le rôle du périnée
Jean Paul Kouame rappelle aussi que le périnée est souvent mis à rude épreuve, notamment pendant les grossesses, les accouchements ou après une épisiotomie. Une rééducation périnéale peut alors aider à retrouver de meilleures sensations sexuelles et à améliorer l’intensité des orgasmes.
Il conseille enfin aux couples de privilégier les câlins et les gestes d’affection sans forcément chercher la pénétration, afin de restaurer la complicité, la détente et le plaisir partagé.
Florence EDIE