La culture peut-elle créer des emplois, attirer des investissements et contribuer au développement local ? Les organisateurs du Festival Tchanfetô en sont convaincus. Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 17 juillet 2026, à Cocody-Angré, ils ont levé le voile sur la 4é édition qui entend dépasser le simple cadre des festivités pour faire du patrimoine Atchan un véritable moteur de croissance.
Prévu les 28 et 29 août prochains dans le village d’Aboboté, le festival ambitionne de réunir acteurs culturels, entrepreneurs, investisseurs, jeunes et femmes autour d’une même conviction : les traditions ne sont pas seulement un héritage à préserver, elles constituent aussi une richesse capable de générer des opportunités économiques.
Placée sous le thème « Tradition et entrepreneuriat pour un développement durable », ce festival s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de promotion du vivre-ensemble, du brassage culturel et du développement durable par la culture. À travers cette initiative, les organisateurs ambitionnent de préserver le riche patrimoine culturel ivoirien, de renforcer la cohésion entre les peuples, de valoriser la jeunesse et les femmes, tout en célébrant les figures emblématiques de la nation.

La grande innovation de cette année est l’accent mis sur l’entrepreneuriat. En partenariat avec Orange Bank, l’ong Tchanfetô entend accompagner les jeunes et les femmes porteurs de projets en facilitant leur accès au financement. L’objectif est de leur offrir les moyens de concrétiser leurs idées, de développer leurs activités et de transformer leurs ambitions en projets viables, faisant ainsi de la culture un véritable tremplin vers l’autonomisation économique.
« Nous voulons encourager tous les jeunes et toutes les femmes qui souhaitent entreprendre. Ce festival est une invitation à croire en nos talents et en nos cultures », a expliqué le commissaire général, Alphonse Abotcha.
Pour concrétiser cette vision, un forum économique rythmera cette édition. Des experts, des chefs d’entreprise, des institutions financières et des porteurs de projets échangeront sur les mécanismes permettant de transformer les ressources culturelles en activités créatrices de valeur, d’emplois et de revenus.
Présent à la conférence de presse, le sous-directeur de l’information et des TIC à Côte d’Ivoire Tourisme, Fabrice Vincens, représentant sa directrice, Malékah Mourad-Condé a salué cette initiative qu’il considère comme un véritable outil de promotion de la destination Côte d’Ivoire. Il a félicité les organisateurs pour leur engagement en faveur de la valorisation du patrimoine culturel et a, au nom de sa responsable, réaffirmé l’engagement de Côte d’Ivoire Tourisme à accompagner cette quatrième édition afin de contribuer à son succès.
Mais Tchanfetô reste avant tout une célébration de l’identité Atchan. Danses traditionnelles, gastronomie, artisanat, expositions, objets d’art et transmission des savoir-faire permettront aux visiteurs de découvrir toute la richesse d’un patrimoine qui continue de façonner l’histoire et l’identité de cette communauté.
Après Abobodoumé, Blockauss et Anono, c’est Aboboté qui accueillera cette quatrième édition, confirmant la volonté des organisateurs de faire rayonner successivement les différents villages Atchan à travers ce rendez-vous culturel.
Ouvert à toutes les composantes de la nation, le festival se veut également un espace de dialogue et de fraternité. Des artistes venus de plusieurs régions de Côte d’Ivoire partageront la scène, illustrant la diversité culturelle qui fait la force du pays.

Le public pourra également profiter des expositions-ventes, des panels, du Village Tchanfetô Mio dédié aux enfants, des dégustations de mets traditionnels, du concours Awoulaba, de l’élection de Miss Intellect ainsi que d’un concert géant qui viendra clôturer les festivités.
Au-delà de l’animation culturelle, les promoteurs souhaitent inscrire durablement ce festival dans la dynamique du tourisme culturel ivoirien. En conciliant patrimoine, innovation et entrepreneuriat, le festival ambitionne de démontrer que la culture peut devenir un puissant levier de développement économique, de promotion des territoires et de cohésion sociale, tout en contribuant à une Côte d’Ivoire plus inclusive et résolument tournée vers un développement durable.
Florence EDIE