« Je suis venu sans savoir quoi dire. Aujourd’hui je comprends mieux mes colères. » Ce type de réaction a été fréquent au camp « Éclat Intérieur ». Une rencontre de trois jours qui a permis à des dizaines d’adolescents d’Anyama de mettre des mots sur leurs blessures et d’apprendre des outils pour mieux vivre avec.
Organisé du 17 au 19 juillet par U‑Report Anyama avec le soutien de l’Unicef et en partenariat avec l’association ShVoices, le camp a rassemblé des jeunes de 14 ans et plus autour d’ateliers pratiques. Plutôt que de formuler un discours théorique sur la santé mentale, les animateurs ont misé sur des exercices concrets mur des émotions, art‑thérapie, jeux psycho‑éducatifs et météo émotionnelle qui ont aidé les participants à identifier, exprimer et réguler leurs sentiments.
« Quand j’ai collé mon papier sur le mur des émotions, personne ne savait que j’étais en colère contre mon père », cercle de parole m’a aidée à dire pourquoi. » confie une adolescente.
D’autres témoignages racontent des progrès similaires : meilleure communication à la maison, moins d’isolement, et des stratégies pour gérer le rejet ou l’abandon ressentis lors de ruptures.
Selon l’Unicef Côte d’Ivoire, « Éclat Intérieur » se veut un espace d’écoute et de transformation. Sur le terrain, cela s’est traduit par des séances d’écriture thérapeutique, de dessin expressif et de sculpture autant d’outils conçus pour permettre aux jeunes d’explorer leurs émotions autrement que par la parole seule. Les jeux collectifs ont, pour leur part, renforcé la confiance, le leadership et la coopération entre pairs.
La visite, le 18 juillet, du représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire, Jean‑François Basse, a souligné l’importance du lien entre cette initiative et le Programme national de santé mentale (PNSM). « Nous devons sortir la santé mentale de l’ombre et offrir des réponses adaptées aux fragilités des jeunes », a‑t‑il déclaré, saluant la collaboration entre institutions et acteurs locaux.
Au‑delà des déclarations institutionnelles, les organisateurs insistent sur l’effet durable recherché : transmettre des compétences émotionnelles que les adolescents pourront réutiliser au quotidien. « L’objectif n’est pas d’avoir des jours parfaits, mais des outils pour rebondir », explique une animatrice.
En quittant Yapokoi, plusieurs participants emportaient plus qu’un souvenir : des repères concrets pour reconnaître leurs émotions, des stratégies pour dialoguer avec leurs proches, et, surtout, la sensation d’avoir été entendus un premier pas vers un mieux‑être dont la Côte d’Ivoire aura besoin pour accompagner sa jeunesse.
Ortis. A