Le vice-président du PDCI-RDA, Émile Constant Bombet, est décédé ce mercredi 22 juillet 2026, dans sa 85ᵉ année. Avec sa disparition, la Côte d’Ivoire perd l’une des figures emblématiques de la scène politique des trois dernières décennies.
Dernier ministre de l’Intérieur du président Félix Houphouët-Boigny, Émile Constant Bombet a poursuivi son ascension sous le régime du président Henri Konan Bédié. Il a occupé successivement les fonctions de ministre de l’Intérieur et de l’Intégration nationale, de ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, puis de ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, jusqu’au renversement du régime le 24 décembre 1999.
Le coup d’État marque un tournant dans son parcours. Arrêté, puis contraint à l’exil, il reviendra plus tard en Côte d’Ivoire pour reprendre sa place au sein du PDCI-RDA. En 2020, il ambitionne de briguer la magistrature suprême, mais sa candidature est écartée par les autorités compétentes. Le nom d’Émile Constant Bombet reste également associé au débat sur l’« ivoirité », concept qui a profondément marqué la vie politique ivoirienne au milieu des années 1990.
Défendu par ses promoteurs comme une affirmation de l’identité nationale, il a néanmoins été perçu par une partie de la classe politique et de nombreux observateurs comme un instrument ayant contribué à l’exclusion de certains acteurs politiques, notamment Alassane Ouattara. Sur le plan institutionnel, l’ancien ministre a aussi laissé son empreinte à travers des réformes en faveur de la promotion des femmes au sein de l’administration. Il a notamment soutenu l’ouverture du corps préfectoral et de la Police nationale aux femmes.
Personnalité influente du PDCI-RDA, Émile Constant Bombet laisse derrière lui un héritage politique mêlant responsabilités d’État, réformes administratives et épisodes marquants de l’histoire politique contemporaine de la Côte d’Ivoire.
Jean OUED