Numérique : la Côte d’Ivoire réélue à l’UAT, un levier pour renforcer son leadership africain

La Côte d’Ivoire sort en position de force de la 7e session ordinaire de la Conférence des plénipotentiaires (CPL‑26) tenue du 16 au 24 juillet à Abuja. Le pays a été réélu au conseil d’administration de l’Union africaine des télécommunications (UAT), renforçant ainsi son influence sur les choix stratégiques du continent en matière de gouvernance du numérique.

Portée par une délégation de haut niveau conduite conjointement par l’ambassadeur Kalilou Traoré et Roger Félix Adom, président du conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), la mission ivoirienne a profité de l’agenda pour présenter la stratégie nationale numérique. Roger Félix Adom a exposé, au nom du gouvernement, une feuille de route structurée autour de sept piliers et quarante projets visant à accélérer la transformation digitale du pays un argumentaire destiné autant aux pairs africains qu’aux partenaires internationaux.

Cette réélection est aussi un atout diplomatique concret pour Abidjan à quelques mois de la conférence des plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (PP‑26) au Qatar. L’ARTCI a d’ores et déjà sollicité le soutien des États membres pour la candidature ivoirienne au Conseil de l’UIT et annoncé qu’Abidjan accueillera, en septembre, la réunion préparatoire africaine destinée à harmoniser les positions du continent avant la PP‑26. Ce rendez‑vous continental placé en Côte d’Ivoire constituera une vitrine pour ses capacités d’organisation et un terrain d’influence pour ses priorités numériques.

La délégation ivoirienne, qui incluait des représentants du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, de l’ANSUT, de l’AIGF, de l’ANSSI et de l’IDT, affiche une logique claire : transformer ce capital diplomatique en bénéfices tangibles pour l’écosystème national — attractivité des investissements, sécurisation des réseaux, renforcement des capacités locales et harmonisation des politiques de gestion du spectre et de cybersécurité.

La nomination de Kezias Mwale, de Zambie, au poste de secrétaire général de l’UAT n’a pas occulté la satisfaction ivoirienne. Pour les autorités d’Abidjan, la présence au conseil d’administration de l’UAT ouvre des opportunités opérationnelles : promouvoir les projets structurants du pays, peser sur l’agenda des régulations africaines et favoriser des partenariats techniques et financiers pour accélérer le déploiement des infrastructures et des services numériques.

Au‑delà de la dimension diplomatique, cette réélection interroge la capacité de la Côte d’Ivoire à transformer la parole en actes locaux : l’enjeu est désormais de s’assurer que les 40 projets annoncés se traduisent par des retombées visibles — emploi qualifié, renforcement des PME tech, accès élargi au haut débit et sécurité des systèmes d’information. L’accueil, à Abidjan, de la réunion préparatoire africaine à la PP‑26 constituera un premier test pour montrer que le pays peut fédérer le continent tout en promouvant ses priorités.

En somme, la place retrouvée de la Côte d’Ivoire à l’UAT confirme son ascension diplomatique dans l’espace numérique africain. Reste à concrétiser cette influence par des politiques publiques cohérentes et des partenariats qui profitent directement aux acteurs nationaux et aux usagers.

Amy N’DIAYE

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