En 2016, Rokia Traoré dévoilait « Né So », un album charnière dans son parcours musical. Dix ans plus tard, cette œuvre reste le reflet d’une artiste qui a toujours refusé de choisir entre ses racines africaines et les influences venues d’ailleurs.
Il y a des albums qui racontent une époque et d’autres qui racontent surtout un artiste. « Né So », sixième album de la chanteuse malienne Rokia Traoré, appartient à cette seconde catégorie.
Sorti en 2016, le disque marque une nouvelle étape dans le parcours de l’artiste. Rokia Traoré y poursuit une recherche musicale qui lui ressemble : faire cohabiter les sonorités de l’Afrique de l’Ouest avec des influences puisées dans le blues, le rock et la culture afro-américaine.
Une identité musicale sans frontières
Avec « Né So », Rokia Traoré ne cherche pas à enfermer sa musique dans une seule tradition. Le ngoni, instrument emblématique d’Afrique de l’Ouest, dialogue avec des références occidentales et afro-américaines.
Parmi ses influences figurent notamment Billie Holiday, le groupe Led Zeppelin et l’écrivaine Toni Morrison. Des univers a priori éloignés, mais qui trouvent chez la chanteuse un terrain commun : celui de la création et de la transmission.
Cette diversité constitue justement la force de l’album. Elle rappelle que l’identité musicale africaine contemporaine ne se résume pas à la préservation du patrimoine. Elle peut aussi se nourrir de rencontres, d’influences et d’expérimentations.

« Né So », un album profondément personnel.
Le titre « Né So », qui signifie « chez moi » en bambara, donne déjà une indication sur l’esprit du projet. Derrière les arrangements et les mélodies, Rokia Traoré explore la notion d’appartenance, de maison et de racines.
L’artiste malienne construit ainsi un univers où l’intime rencontre le collectif. Sa voix, reconnaissable, porte des textes qui parlent d’identité, de relations humaines et de réalités contemporaines.

Dix ans après, une œuvre toujours actuelle
Une décennie après sa sortie, « Né So » conserve une place particulière dans la discographie de Rokia Traoré. L’album témoigne surtout d’une démarche artistique qui dépasse les frontières : prendre ses racines comme point de départ, sans jamais en faire une limite.
C’est peut-être là que réside la modernité de Rokia Traoré. Dans sa musique, l’Afrique n’est pas opposée au reste du monde. Elle dialogue avec lui, l’interroge et parfois le transforme.
Dix ans après, « Né So » apparaît ainsi moins comme un simple album que comme une passerelle entre plusieurs héritages culturels. Une œuvre qui rappelle qu’en musique, les frontières peuvent être des points de rencontre plutôt que des barrières.
Ortis .A