À Songon Dagbé, dans le diocèse de Yopougon, le centenaire de l’évangélisation n’a pas seulement été une célébration tournée vers le passé. Dimanche 23 août 2026, la communauté catholique a marqué cette étape par la dédicace de l’église Saint-Étienne et un appel à transmettre la foi aux générations futures.
Cent ans après l’arrivée de l’Évangile à Songon Dagbé, l’heure n’est pas seulement aux souvenirs. Elle est aussi à la transmission. Dimanche 23 août 2026, la communauté catholique de cette localité du diocèse de Yopougon a clôturé une année jubilaire consacrée à son centenaire d’évangélisation.
Point fort de cette célébration : la dédicace de l’église paroissiale Saint-Étienne, réhabilitée pour l’occasion et consacrée au cours d’une messe solennelle présidée par Mgr Jean-Salomon Lezoutié, évêque de Yopougon.

Dans une église remplie de fidèles, entourés d’autorités administratives, politiques et coutumières, la communauté a rendu hommage à celles et ceux qui, au fil des générations, ont contribué à l’enracinement du christianisme dans cette partie de la Côte d’Ivoire.
Au-delà du bâtiment, faire vivre « l’Église »
Pour Mgr Jean-Salomon Lezoutié, ce centenaire ne doit cependant pas rester une simple commémoration. Il doit pousser chaque chrétien à regarder le chemin parcouru et surtout à s’interroger sur la manière dont il vit aujourd’hui sa foi.
L’évêque a appelé les fidèles à faire de ce jubilé un véritable temps de conversion. Après un siècle d’évangélisation, estime-t-il, les changements doivent pouvoir se lire dans les comportements, les relations avec les autres et dans la manière de mettre en pratique les enseignements de l’Évangile.

Une manière de rappeler que l’évangélisation ne se résume pas à la construction d’églises. Elle se mesure aussi dans les familles, dans l’éducation des enfants, dans la solidarité et dans la capacité à vivre ensemble.
Les jeunes au cœur des préoccupations
Dans son homélie, Mgr Lezoutié a également consacré une place importante à la jeunesse. Dans plusieurs paroisses, la faible présence des jeunes aux célébrations dominicales constitue, selon lui, une préoccupation.
Entre les études, le travail, les réseaux sociaux, les loisirs et les nombreuses sollicitations de leur époque, les jeunes sont confrontés à des choix qui peuvent parfois les éloigner de la pratique religieuse.
L’évêque invite donc les parents à jouer pleinement leur rôle dans l’accompagnement spirituel de leurs enfants. Pour lui, la transmission de la foi commence aussi au sein de la famille.
Cette question dépasse d’ailleurs le seul cadre religieux. Elle renvoie plus largement à la capacité des générations actuelles à transmettre des valeurs, des repères et une histoire à celles qui arrivent.
Femmes, familles et transmission : un héritage à préserver
À Songon Dagbé, comme dans de nombreuses communautés, la transmission de la foi passe aussi par les familles. Les femmes, souvent au cœur de l’éducation quotidienne des enfants et de la vie communautaire, occupent une place importante dans cette continuité générationnelle.

Le centenaire apparaît ainsi comme une occasion de rappeler que l’avenir d’une communauté ne repose pas uniquement sur ses infrastructures ou ses responsables religieux. Il dépend également de celles et ceux qui, chaque jour, transmettent aux enfants une manière de vivre ensemble, de servir les autres et de rester attachés à leurs valeurs.
« On ne finit pas de construire une église »Pour le père Habid Tondjui Danho, curé de la paroisse Saint-Étienne, la réhabilitation de l’église constitue certes une étape importante, mais elle ne représente qu’une partie de la mission.
« On ne finit pas de construire une église. Il y a l’église-bâtiment et le corps du Christ », a-t-il rappelé, appelant à préparer les générations futures à prendre la relève.
Le prêtre souhaite également que l’histoire de l’évangélisation de Songon Dagbé soit davantage connue et que la mémoire des pionniers soit préservée. Il nourrit par ailleurs l’espoir de voir émerger de nouvelles vocations sacerdotales et religieuses.
Un centenaire placé sous le signe de la paix
Pendant une année, activités spirituelles, culturelles et sociales ont rythmé les festivités. Cette dynamique a permis à la communauté de revenir sur son histoire tout en réfléchissant à son avenir.
Pour Innocent N’Wowo, président du comité d’organisation, les chrétiens de Songon Dagbé sont aujourd’hui les héritiers d’un siècle de sacrifices et de foi.

Mais cet héritage implique aussi une responsabilité : poursuivre l’œuvre commencée par les pionniers. La célébration a ainsi été placée sous le signe de la paix, de la fraternité et du dialogue. Dans une société où la cohésion sociale demeure un enjeu important, les responsables de la communauté souhaitent faire de Songon Dagbé un espace où la foi se traduit également par des gestes de solidarité et de vivre-ensemble.
Après cent ans, une page se tourne donc à Songon Dagbé. Mais l’histoire, elle, continue. Le véritable défi commence désormais : transmettre, rassembler et faire vivre la foi au-delà des murs de l’église, auprès des jeunes, des familles et des générations à venir.
Ortis. A ( Sources Vatican News)