De l’administration à la santé, en passant par l’agriculture et l’éducation, la Côte d’Ivoire veut donner une dimension plus concrète à sa stratégie en matière d’intelligence artificielle.
Le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique (MTNIT) s’est associé à Mistral, l’un des acteurs européens de référence dans le domaine, pour mieux cerner les potentialités et les conditions de déploiement de l’IA dans le pays.
L’objectif affiché est clair : faire de l’intelligence artificielle un outil au service des besoins nationaux, plutôt qu’une simple technologie d’avenir. Dans le cadre de cette coopération, une étude et un audit stratégique de l’écosystème ivoirien de l’IA seront réalisés.
Ils devront notamment permettre d’identifier les infrastructures et les données disponibles, mais aussi les secteurs dans lesquels l’IA pourrait produire les résultats les plus significatifs.
Administration publique, santé, éducation, agriculture et services destinés aux populations figurent parmi les domaines ciblés. L’enjeu sera notamment de déterminer les applications susceptibles d’améliorer les services publics, de faciliter l’accès à certaines prestations ou encore d’accroître la productivité des acteurs économiques.
Cette démarche doit également déboucher sur une feuille de route opérationnelle. Celle-ci devrait préciser les priorités et les conditions nécessaires à la mise en œuvre de solutions adaptées au contexte ivoirien, au bénéfice de l’État, des entreprises comme des populations.
Le partenariat avec Mistral intervient dans le cadre de la Feuille de Route Numérique 2026-2028. Celle-ci compte 40 projets structurants répartis autour de sept piliers stratégiques, dont l’intelligence artificielle.
Il s’inscrit également dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui fait du numérique et des technologies des leviers de transformation de l’économie et de l’action publique.
Pour le gouvernement, le défi consiste désormais à transformer les orientations stratégiques en réalisations mesurables. Les premiers résultats de l’audit devraient d’ailleurs nourrir les échanges de la deuxième édition de la conférence « IMPACT IA », prévue du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan.
Organisée par le MTNIT à Latrille Events, sous le haut patronage du Premier ministre, la rencontre réunira près de 200 décideurs publics et privés, des représentants de ministères, des dirigeants d’entreprises ainsi que des partenaires internationaux.
Pendant trois jours, les participants réfléchiront aux possibilités offertes par l’IA dans plusieurs secteurs prioritaires. L’ambition sera notamment de faire émerger un portefeuille d’actions concrètes, assorties d’une programmation et de budgets.
Au-delà des discours sur l’intelligence artificielle, la Côte d’Ivoire cherche donc à définir une stratégie capable de répondre à des besoins bien réels. Le principal enjeu sera désormais de transformer cette technologie en solutions accessibles, utiles et adaptées aux réalités des Ivoiriens.
Ortis. A