Les 4 et 6 décembre 2026, Abidjan va vivre au rythme de l’afrobeat. Seun Kuti et Egypt 80 investiront successivement l’Institut français de Côte d’Ivoire et le Palais de la Culture d’Abidjan. Deux scènes, deux rendez-vous et une même promesse : offrir au public ivoirien une immersion dans une musique où la danse côtoie la contestation.
Le premier rendez-vous est fixé au 4 décembre à 20 heures à l’Institut français de Côte d’Ivoire. Deux jours plus tard, le 6 décembre à 19 h 30, Seun Kuti retrouvera son public sur la scène du Palais de la Culture d’Abidjan. Deux dates qui devraient attirer les passionnés de musiques africaines, mais aussi ceux qui souhaitent découvrir sur scène l’une des voix contemporaines les plus emblématiques de l’afrobeat.
Ces deux concerts sont portés par One Prod Arts, structure de production du tourneur Jeetys Bridji. Le choix de programmer l’artiste sur deux scènes importantes d’Abidjan témoigne de l’ambition de ces rendez-vous : proposer un spectacle à la hauteur d’un artiste habitué aux grandes scènes internationales.
Avec Seun Kuti, le public ne vient toutefois pas simplement écouter des chansons. Il vient retrouver une expérience musicale construite autour d’un orchestre puissant et d’un rythme qui prend le temps de s’installer.
À la tête d’Egypt 80, l’orchestre historique créé autour de son père Fela Anikulapo-Kuti, Seun perpétue une tradition musicale devenue mondialement connue. Cuivres, percussions, basse et longues constructions rythmiques composent une musique qui invite naturellement à bouger, mais qui porte également un message.
Car l’afrobeat de Seun Kuti ne cherche pas uniquement à divertir. Il parle de société. Corruption, injustices, inégalités, abus de pouvoir ou encore difficultés du quotidien alimentent régulièrement ses textes. La scène devient alors un espace où le public peut danser tout en prêtant attention aux paroles.
C’est probablement cette dualité qui donnera aux deux soirées leur caractère particulier. D’un côté, l’énergie communicative d’un concert d’afrobeat. De l’autre, un discours qui pousse à regarder au-delà de la musique.
Sur scène, Egypt 80 occupe une place centrale. L’orchestre donne au spectacle sa puissance et son relief, tandis que Seun Kuti conduit le public à travers des morceaux où les rythmes s’étirent et se répondent. Le concert laisse ainsi une large place aux instruments et à cette montée progressive qui constitue l’une des signatures du genre.
À Abidjan, les deux dates permettront également de mesurer la capacité de cette musique née au Nigeria à continuer de parler aux nouvelles générations africaines. Car près de trois décennies après la disparition de Fela Kuti, son langage musical n’a pas disparu. Il continue d’évoluer à travers son fils.
Le 4 décembre à l’Institut français, puis le 6 décembre au Palais de la Culture, Seun Kuti proposera donc deux occasions de retrouver un afrobeat vivant, puissant et engagé.
Pour le public ivoirien, ces concerts devraient être davantage qu’une simple parenthèse musicale. Ils seront une invitation à danser, à écouter et peut-être aussi à réfléchir.
Deux dates, deux scènes, un même rythme : celui d’un afrobeat qui refuse encore de se taire.
Amy N’DIAYE