Spectacle : Salif Keïta boycotte l’Afrique du Sud

Le légendaire chanteur malien Salif Keïta annule tous ses concerts commerciaux prévus en Afrique du Sud, un geste de solidarité avec les migrants africains victimes de violences xénophobes dans le pays.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’artiste de 77 ans explique ne pas pouvoir  ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains.  Il qualifie sa décision de douloureuse et précise qu’elle ne constitue pas un rejet des Sud-Africains, mais une opposition à la haine envers (ses) compatriotes africains .

Salif Keïta, surnommé le « Cheval blanc » en raison de son albinisme, rend hommage à l’Afrique du Sud de Nelson Mandela, celle qui m’a toujours accueilli comme un frère, pas seulement un artiste .  Mais, selon lui, les manifestations et attaques récentes ne correspondent pas à l’image d’un pays qui « a tenu le coup avec le Mali .

L’artiste devait notamment se produire en septembre 2026 au festival Macufe (Mangaung African Cultural Festival), une annulation qui suscite la déception des organisateurs de la province concernée.  Les dates et lieux exacts des autres spectacles annulés n’ont pas été dévoilés.

Ce boycott artistique s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques régionales. Fin juillet, la chanteuse sud-africaine Tyla a retiré de sa tournée un concert prévu à Lagos, au Nigeria, après des appels au boycott liés aux violences xénophobes contre des Nigérians en Afrique du Sud.

Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud traverse une nouvelle vague de manifestations anti-migrant, alimentée par un taux de chômage supérieur à 30%.  Plus de 160 000 personnes ont quitté le pays depuis fin mai, selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres des gouvernements africains ayant organisé des rapatriements, dont environ 1 500 Nigérians.

Le Ghana a également lancé une opération de rapatriement volontaire de ses ressortissants, tandis que le Nigeria se dit prêt à organiser des retours massifs.  Le gouvernement ghanéen a même décliné une aide financière de 1,8 million de dollars offerte par l’opérateur MTN pour les victimes, jugeant le geste insuffisant face à l’ampleur de la crise.

À 77 ans, Salif Keïta continue de tourner, mais avec des dates plus espacées pour des raisons médicales.  Son geste renvoie la balle aux autorités sud-africaines. Comment concilier panafricanisme culturel et réalités socio-économiques explosives ?

Florence EDIE

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