Côte d’Ivoire/ Enseignement technique : 3 000 enseignants vont apprendre à intégrer l’IA dans leurs cours

L’intelligence artificielle s’invite progressivement dans les pratiques pédagogiques de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (EFTP). Une vaste opération de formation destinée à 3 000 enseignants a été lancée le jeudi 17 septembre 2026, au Lycée Technique d’Abidjan.

Dans les salles de classe, le tableau noir et les manuels ne sont plus les seuls outils sur lesquels les enseignants peuvent compter. L’intelligence artificielle fait désormais partie des technologies que le secteur éducatif ivoirien entend apprivoiser. Au Lycée Technique d’Abidjan, le lancement d’un programme de renforcement des capacités marque une nouvelle étape dans cette évolution.

À terme, 3 000 enseignants de l’EFTP seront formés à l’utilisation pédagogique de l’IA. Le projet est porté par le Cabinet du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, avec l’appui technique de l’Unesco Côte d’Ivoire.

L’ambition ne consiste pas simplement à familiariser les enseignants avec de nouveaux outils numériques. Il s’agit surtout de leur apprendre à déterminer dans quelles situations l’IA peut réellement apporter une plus-value à leur travail.

Préparation des supports, élaboration d’exercices, adaptation des contenus au niveau des apprenants ou encore appui à certaines tâches d’évaluation : plusieurs usages seront explorés au cours de la formation. L’enseignant devra ainsi apprendre à dialoguer avec ces outils, mais aussi à vérifier, corriger et contextualiser les résultats qu’ils produisent.

Car derrière la promesse technologique se pose une autre question : quelle place laisser à l’humain dans une classe où l’IA devient plus accessible ?

Pour Mame Oumar Diop, représentant résident de l’Unesco en Côte d’Ivoire, la technologie doit rester au service de la pédagogie. L’IA peut faciliter certaines tâches et ouvrir de nouvelles possibilités, mais elle ne saurait se substituer à l’enseignant ni à la relation qui se construit avec l’apprenant.

Cette approche place donc la formation des enseignants au cœur du dispositif. Avant de généraliser l’initiative, une phase pilote doit permettre d’éprouver les contenus proposés, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et d’ajuster les méthodes d’accompagnement.

Le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, a encouragé les enseignants à profiter de cette dynamique pour revoir certaines pratiques professionnelles. L’expérimentation, le partage d’expériences et l’appropriation progressive des outils devraient accompagner le déploiement du programme.

Pour l’EFTP, l’enjeu dépasse ainsi la simple introduction d’une technologie supplémentaire. Les métiers évoluent, les entreprises recherchent de nouvelles compétences et les établissements de formation doivent suivre ce mouvement. Les enseignants sont appelés à préparer les apprenants à cet environnement professionnel en mutation.

Reste désormais à transformer l’outil en véritable levier pédagogique. La qualité de cette transition dépendra autant de la maîtrise technique de l’IA que de la capacité à en encadrer les usages, à protéger l’intégrité du travail scolaire et à garantir un accès équitable aux nouvelles technologies.

Ortis. A

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *