À Aného, le patrimoine ne se contente plus de témoigner du passé. Il devient un instrument de développement local. Du 12 au 15 novembre 2026, la ville historique des Lacs 1 accueillera la 5è édition du Festival international d’histoire d’Aného, avec l’Union européenne comme région invitée et Blitta comme ville associée.
Placée sous le thème « Partage », la manifestation entend faire dialoguer mémoire, culture et tourisme. Pendant quatre jours, défilés, découvertes culturelles et concerts devraient attirer dans cette ancienne capitale coloniale des visiteurs, des acteurs culturels ainsi que des partenaires institutionnels.
Mais derrière la programmation festive, le FIHA porte une ambition plus large : repositionner Aného dans le paysage culturel et touristique du Togo. La ville mise sur son histoire, son littoral et ses traditions pour renforcer son attractivité et diversifier les activités susceptibles de soutenir l’économie locale.
Depuis plusieurs années, la commune des Lacs 1 travaille à mieux structurer son offre patrimoniale. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de marketing territorial engagée par le Togo, qui vise à aider les collectivités à valoriser leurs atouts et à attirer visiteurs, investisseurs et partenaires. Le processus d’élaboration du guide national a d’ailleurs été lancé à Aného en novembre 2025.
La cité historique dispose déjà d’une Maison du Tourisme. Elle prépare également la création d’un Musée des Trônes et des Divinités Noires, un projet destiné à préserver et à transmettre les héritages culturels des peuples Guin et Mina. L’initiative bénéficie du soutien de la commune, de la France, de l’Union européenne et d’autres partenaires.
À travers ces projets, Aného cherche à transformer son patrimoine en une expérience culturelle durable, capable de bénéficier aux populations locales et de renforcer la fréquentation touristique de la ville.
Le choix de l’Union européenne comme région invitée donne à cette cinquième édition une dimension particulière. Il ouvre la possibilité d’échanges autour de la conservation du patrimoine, de la création culturelle et de la coopération dans le domaine du tourisme.
La présence de Blitta comme ville associée rappelle, pour sa part, la volonté du festival de dépasser les frontières de la commune d’Aného. Le FIHA se veut un espace de circulation des récits, des savoir-faire et des pratiques culturelles entre les différentes régions du Togo et au-delà.
L’édition précédente, organisée autour du thème « Diversité », avait mis l’Égypte à l’honneur, tandis que Bassar était la ville associée. La nouvelle édition entend poursuivre cette dynamique, en plaçant le partage au cœur de la rencontre.
Pour Aného, le festival représente désormais davantage qu’un rendez-vous culturel annuel. Il participe à la construction d’une identité territoriale et à la mise en récit d’une ville tricentenaire qui souhaite mieux faire connaître ses ressources historiques, culturelles et naturelles.
Reste à inscrire cette dynamique dans la durée. La fréquentation touristique ne dépendra pas seulement de la tenue du festival, mais aussi de la capacité à améliorer l’accueil, la médiation culturelle, la formation des guides et l’accès aux différents sites.
Du 12 au 15 novembre, Aného donnera toutefois un nouvel aperçu de son ambition : faire de son histoire non pas une mémoire figée, mais une ressource vivante au service de la culture, du tourisme et du développement local.
Ortis. A