La sixième édition du gala de la ‘’Black Music Action Coalition’’, organisée le 24 septembre 2026, à Beverly Hills, met à l’honneur trois figures majeures de la musique noire américaine. Common, Public Enemy et Patti LaBelle sont distingués pour leur engagement, leur impact social et leur contribution à l’histoire du « Rhythm and blues et du hip-hop ».
Réunis jeudi 24 septembre 2026, au Beverly Hilton, à Beverly Hills, artistes, producteurs et acteurs de l’industrie musicale célèbrent celles et ceux qui utilisent leur influence pour défendre la communauté noire et faire de la musique un espace de réflexion. Pour son sixième gala annuel, la ‘’Black Music Action Coalition’’ choisit de mettre en lumière trois parcours qui ont durablement marqué la culture américaine : Common, Public Enemy et Patti LaBelle.
Au-delà des trophées, la cérémonie rappelle le rôle que la musique peut jouer dans les débats sociaux. Elle distingue des artistes dont la carrière ne se limite pas à la scène ou aux classements. Leurs chansons, leurs prises de parole et leurs engagements ont accompagné plusieurs générations.
Common, une carrière au service du changement

Common reçoit le « Harry Belafonte Change Agent Award ». Cette distinction salue près de quarante ans de carrière, mais aussi l’engagement du rappeur en faveur de la communauté noire.
Figure du « conscious rap », l’artiste défend une musique capable de porter une parole sociale sans renoncer à sa force créative. Pour lui, le rap conscient n’a pas disparu. Il a simplement changé de forme et ne se présente plus toujours sous cette appellation.
Il cite notamment Earl Sweatshirt et Kendrick Lamar, dont il admire la capacité à faire entendre des messages engagés sur les plus grandes scènes, jusqu’au Super Bowl.
L’hommage rendu à Common prend une dimension particulière puisqu’il s’inscrit dans l’héritage de Harry Belafonte, artiste et militant qui a constamment lié création, justice sociale et responsabilité publique. Sa mère, la docteure Mahalia Hines, lui remet le prix au cours d’un moment particulièrement chargé d’émotion.
Public Enemy, la force d’un héritage

Public Enemy reçoit le « BMAC Social Impact Award », une distinction qui reconnaît l’influence sociale du groupe et la portée de son œuvre.
Depuis ses débuts, la formation fondée notamment par Chuck D défend un hip-hop frontal, politique et attentif aux réalités de la communauté noire. Ses textes ont contribué à faire du rap un outil de contestation et de mobilisation.
Pour Chuck D, personne ne peut reproduire exactement ce que Public Enemy a représenté. Chaque époque possède ses propres combats, ses propres codes et ses propres voix. Mais les artistes actuels peuvent prolonger cet héritage en restant fidèles à leur art, proches de leur public et attentifs au monde qui les entoure.
Le fondateur du groupe invite également les créateurs à interroger le sens de leur travail. Une chanson ne devrait pas seulement divertir, estime-t-il. Elle peut aussi provoquer une discussion, questionner les consciences et créer un lien entre les auditeurs.
Au moment de recevoir le prix, Chuck D rappelle cette nécessité de transformer le « moi » en « nous ». Le groupe entraîne ensuite le public dans un hommage à son célèbre appel : « Fight the Power ».
Patti LaBelle, une icône honorée

Autre temps fort de la soirée, Patti LaBelle reçoit le « BMAC Icon Award ». Cette récompense salue une carrière majeure dans le rhythm and blues et une présence artistique qui traverse les générations.
La chanteuse est honorée non seulement pour la longévité de son parcours, mais aussi pour l’empreinte qu’elle laisse dans la musique populaire américaine. Le réalisateur Lee Daniels lui rend hommage, tandis que plusieurs artistes interprètent des titres emblématiques de son répertoire.
À travers Patti LaBelle, la cérémonie célèbre une voix. Avec Common, elle distingue un artiste engagé. Avec Public Enemy, elle reconnaît la portée collective d’un groupe qui a contribué à politiser le hip-hop.
Le gala de la’’ Black Music Action Coalition’’ ne se contente donc pas de célébrer des carrières. Il pose une question à l’industrie musicale : que fait-on de l’influence acquise ?
Les parcours de Common, Public Enemy et Patti LaBelle montrent trois manières d’exercer cette influence. Par la défense d’une cause, par la critique sociale ou par la transmission d’un héritage musical.

Dans une époque où les artistes disposent d’une visibilité considérable, leur responsabilité dépasse parfois le cadre de la chanson. Ils peuvent ouvrir un débat, donner une voix aux invisibles et rappeler que la musique noire américaine s’est toujours construite dans un dialogue entre création et réalité sociale.
La BMAC célèbre donc bien plus que trois trophées à Beverly Hills. Elle rend hommage à une conviction : la musique peut divertir, mais elle peut aussi éveiller, rassembler et faire avancer la société.
Amy N’DIAYE