Côte d’Ivoire / Exposition : Quand quatre regards redessinent la condition humaine

La Rotonde des Arts, au Plateau, accueille « Aimer, Rire… Mourir », une exposition réunissant quatre artistes venus du Ghana, de l’Espagne, de l’Inde et de la Côte d’Ivoire. À travers une vingtaine de toiles, Kofi Setordji, Fabio Dourone, Gourishankar Soni et Vanly Tiéné confrontent leurs visions de l’amour, de la vie, de la mort et de la condition humaine.

À la Rotonde des Arts-Plateau, les œuvres ne se contentent pas d’occuper les murs. Elles se répondent et proposent quatre manières de regarder l’être humain.

Organisée du 24 septembre au 24 octobre 2026, à la Plaza Nour Al Hayat, de cette commune, l’exposition « Aimer, Rire… Mourir » réunit le Ghanéen Kofi Setordji, l’Espagnol Fabio Dourone, l’Indien Gourishankar Soni et l’Ivoirien Vanly Tiéné, installé en France.

Le vernissage, organisé le jeudi 24 septembre, rassemble artistes, collectionneurs, curateurs, antiquaires, amateurs d’art et personnalités publiques. Pour le professeur Yacouba Konaté, commissaire de l’exposition et directeur de la galerie, cette rencontre crée un espace de dialogue entre artistes africains et internationaux.

« Parmi les artistes présents, il y a un Indien, un Espagnol, un Ghanéen et un Ivoirien », souligne-t-il, heureux de voir Vanly Tiéné présenter son travail en Côte d’Ivoire. Le peintre et sculpteur monumental se dit, lui aussi, fier de représenter son pays sur la terre de ses ancêtres.

Kofi Setordji, entre tradition et modernité

Les trois toiles du Ghanéen Kofi Setordji retiennent particulièrement l’attention. Entre figuration et abstraction, son écriture fait apparaître des personnages aux formes stylisées, qui rappellent les masques et les figurines africains.

Pour le peintre et enseignant en arts plastiques Marcel N’Guessan Essoh, cette œuvre s’inscrit dans l’histoire de l’art moderne tout en conservant une forte présence africaine.

« Les têtes, les personnages et certaines formes rappellent nos figurines et nos masques », analyse-t-il. Il relève également les liens entre ces formes et certains courants modernes, notamment le cubisme, influencé par l’art africain.

Chez Kofi Setordji, l’héritage ne fige donc pas la création. Il nourrit une recherche sur les formes, les couleurs et le mouvement.

Fabio Dourone, la femme et la mort

Chez l’Espagnol Fabio Dourone, la femme ouvre une réflexion plus large sur l’humain. Inspiré dès ses débuts par la figure maternelle, l’artiste explore aussi les sentiments, les comportements, la vie et la mort.

« L’humain est au centre de tout », explique-t-il. La femme occupe une place importante dans son travail, mais elle appartient à une interrogation plus vaste sur les êtres et leurs contradictions.

Sa compagne et partenaire artistique, Elodie Dourone, raconte comment le thème de la mort a transformé sa perception. En travaillant sur cette question, l’artiste comprend progressivement qu’elle ne se résume pas à la fin d’une existence.

L’amour, le rire et la mort deviennent ainsi les étapes d’un même cheminement artistique. Des réalités universelles, mais interprétées à partir d’une sensibilité personnelle.

L’art comme espace de rencontre

Présent au vernissage, le plasticien ivoirien Élie Koffi Kouamé, alias Phicault, insiste sur la capacité de l’art à dépasser les frontières.

La présence de personnalités politiques issues de sensibilités différentes, parmi lesquelles Adama Tounkara, Danièle Boni-Claverie et Françoise Remarck, illustre selon lui cette force rassembleuse.

« L’art n’a pas de couleur. L’art nous unit, ouvre les frontières et permet à tout le monde de se retrouver autour de la création artistique », affirme-t-il.

À travers « Aimer, Rire… Mourir », la Rotonde des Arts propose moins une juxtaposition d’artistes qu’une conversation entre quatre univers. Les œuvres ne donnent pas une réponse unique à la condition humaine. Elles invitent plutôt le visiteur à s’interroger sur ce qui rapproche les êtres : l’amour, le rire, la fragilité et la conscience de la fin.

Florence EDIE

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