Nigéria/ Lagos : Ben Dancer transforme son marathon en hommage aux danses africaines

Après sept jours et sept nuits de danse, le Nigérian Benjamin Daniel, alias Ben Dancer, espère inscrire son nom dans le Guinness World Records. Mais derrière cette performance d’endurance, le danseur de 33 ans veut surtout offrir une vitrine internationale aux traditions chorégraphiques africaines.

À Lagos, les pas de danse ont rythmé pendant une semaine le quotidien du Freedom Park. Du 22 au 29 septembre, Benjamin Daniel a dansé durant 168 heures, dans l’espoir de battre le record mondial du plus long marathon de danse individuel.

Le précédent record, établi en 2023 par l’Indienne Srushti Sudhir Jagtap, était de 127 heures. La performance du Nigérian dépasse donc largement cette référence. Elle ne pourra toutefois être officiellement homologuée qu’après l’examen des preuves et la vérification du respect des règles par le Guinness World Records.

Pour Ben Dancer, cette tentative ne se résume pas à une course contre la montre. Le danseur voulait profiter de l’attention suscitée par l’événement pour mettre en lumière des pratiques artistiques souvent absentes des grandes scènes internationales.

« L’idée du record du monde Guinness n’a jamais été le record en soi », explique-t-il  à l’Associated Press. Son ambition était plutôt d’amener le public mondial à s’intéresser davantage aux danseurs traditionnels africains.

Durant les 168 heures de prestation, plusieurs courants musicaux ont accompagné ses mouvements. L’afrobeat a occupé une place centrale, aux côtés du fuji, du jazz et du zouk. À certains moments, Benjamin Daniel a également porté des vêtements traditionnels nigérians, renforçant la dimension culturelle de sa prestation.

Au fil des jours, le marathon a attiré des curieux, des admirateurs et de jeunes artistes. Des supporters se sont installés au Freedom Park pour encourager le danseur. Derrière les barrières, de jeunes Nigérians ont filmé la performance et esquissé quelques pas avec lui.

Sarah Lawal, une ancienne danseuse venue le soutenir, voit dans cette initiative un message d’encouragement adressé à toute une génération d’artistes. Pour elle, l’exploit de Ben Dancer montre que la danse peut être à la fois un métier, un moyen d’expression et un instrument de valorisation culturelle.

Une telle épreuve ne s’improvise pas. Benjamin Daniel affirme s’être préparé pendant plus de deux ans. Son entraînement reposait sur un important travail cardiovasculaire, une préparation physique soutenue et une alimentation adaptée, notamment riche en glucides.

Une équipe médicale a également suivi la tentative en continu afin de veiller à son état de santé pendant cette épreuve extrême.

Le marathon est désormais achevé. Pour Ben Dancer et ses supporters, il reste à attendre la décision du Guinness World Records. Mais quelle que soit l’issue de l’homologation, le danseur nigérian aura déjà réussi à transformer un défi personnel en plaidoyer pour la reconnaissance des danses africaines.

Ortis.A

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *