Océane Tahé (Escrimeuse) : « Je veux hisser haut le drapeau ivoirien au sommet en 2026 et 2028 »

Championne du monde d’escrime et quadruple championne de France, Océane Tahé, licenciée au club Grenoble Parmentier, nourrit une ambition claire : offrir à la Côte d’Ivoire une médaille d’or au championnat d’Afrique 2026, à Abidjan et briller aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Rencontre avec une athlète déterminée, portée par ses racines et animée par le désir d’inspirer la jeunesse africaine.

Pouvez-vous nous raconter comment vous avez découvert l’escrime et ce qui vous a attiré dans ce sport ?

En classe de CM2, j’ai participé à une initiation à l’escrime. Cela m’a tout de suite plu et le maître d’armes avait repéré certaines qualités chez moi. J’ai toujours aimé le sport, mais ce qui m’a le plus attirée, c’est l’interaction directe avec un adversaire.

Quelles ont été vos premières étapes dans votre parcours sportif avant de rejoindre le club Grenoble Parmentier et les pôles nationaux français ? Et quels souvenirs gardez-vous de vos premières compétitions internationales ?

J’ai commencé au club Grenoble Parmentier où j’ai été formée et où je suis toujours licenciée. Très vite, je me suis retrouvée parmi les meilleures escrimeuses françaises. Après quatre titres de championne de France, j’ai intégré le pôle national jeune à 15 ans. Mes premières compétitions internationales ont confirmé que ce sport était fait pour moi. C’était comme un grand terrain de jeu où je pouvais m’exprimer librement.

Vous avez remporté de nombreux titres et podiums internationaux. Lequel représente pour vous le plus grand accomplissement ?

Mon premier titre de championne du monde, en 2016, reste le plus grand accomplissement de ma carrière. Ma famille était présente, et cela a transformé ce succès en un moment unique de fierté et de partage.

Qu’est-ce qui vous motive à continuer malgré les blessures et les défis ?

Justement, ce sont les défis qui me poussent à aller plus loin. L’escrime est un sport physique mais aussi stratégique, et c’est cette combinaison qui nourrit ma passion et ma motivation.

Avez-vous un secret pour rester performante après plus de dix ans au haut niveau ?

Au-delà des médailles, ce qui me motive, c’est l’opportunité d’inspirer les jeunes. J’ai moi-même été inspirée par d’autres sportifs. Aujourd’hui, j’ai envie de transmettre, de partager et de montrer qu’avec de la discipline, on peut accomplir ses rêves.

Vous visez les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Comment vous préparez-vous pour atteindre cet objectif ?

(Sourire). Je m’entraîne dans de très bonnes conditions avec un nouveau staff en qui j’ai une totale confiance. Cet entourage solide me permet d’envisager sereinement la route vers Los Angeles 2028.

Des objectifs pour la saison 2025/2026 et quelles compétitions vous tiennent le plus à cœur ?

Mon objectif principal est d’intégrer le top 16 mondial. Pour y parvenir, le championnat d’Afrique 2026, qui se tiendra à Abidjan, est capital. Remporter l’or devant mon public serait un immense honneur.

L’escrime est un sport exigeant qui nécessite des équipements spécialisés, des stages internationaux et un suivi technique constant. J’appelle l’État ivoirien et les sponsors privés à m’accompagner, car soutenir mon parcours, c’est investir dans la jeunesse, l’excellence et le rayonnement de la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale.

Au-delà des médailles, que signifie pour vous représenter la Côte d’Ivoire sur la scène internationale ?

J’ai grandi en France, mais ma mère m’a transmis ses valeurs et sa culture ivoiriennes dès mon enfance, notamment lors de nombreux voyages au pays. Représenter la Côte d’Ivoire, c’est un retour à mes racines et une fierté immense. Je veux aussi montrer que les Ivoiriens brillent au-delà du football.

Vous évoquez l’importance d’inspirer les jeunes filles africaines. Comment comptez-vous concrètement transmettre votre expérience et vos valeurs ?

En 2018, avec ma mère et ma sœur, nous avons lancé un projet pour détecter de jeunes talents. J’aimerais aller encore plus loin en initiant les enfants à l’escrime et à d’autres disciplines, dans les écoles, les quartiers et les villages. Pour moi, le sport est un formidable outil d’éducation et d’émancipation.

Selon vous, quelles sont les valeurs que l’escrime peut apporter aux jeunes et à la société ?

Le respect, la concentration, la maîtrise de soi et l’ambition. Ces valeurs, au-delà du sport, aident à se construire dans la vie.

Comment conciliez-vous vie personnelle, entraînements et compétitions internationales ?

J’aime être constamment en action. Entre ma vie personnelle, mon métier de kinésithérapeute et l’escrime, j’ai trouvé un équilibre. Chaque aspect de ma vie nourrit l’autre.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Ivoiriennes qui rêvent de se lancer dans l’escrime ou dans un sport de haut niveau ?

Ma mère m’a toujours appris qu’« avec de la volonté, tout est possible ». Il faut s’entourer des bonnes personnes, croire en ses rêves et persévérer malgré les obstacles. Les opportunités finissent toujours par arriver pour ceux qui ne lâchent rien.

Interview réalisée par Florence EDIE

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