Lucarne/ Quand les jouets de Noël peinent à céder la place aux cahiers

Le retour à l’école après les vacances de Noël est souvent plus compliqué qu’il n’y paraît. Dans les chambres d’enfants, les jouets fraîchement reçus continuent de capter l’attention, tandis que les cahiers peinent à retrouver leur place.

Pour de nombreux parents, la reprise de janvier devient un exercice d’équilibriste entre exigences scolaires et besoin de douceur.

Cette difficulté n’a pourtant rien d’exceptionnel. Après plusieurs jours parfois semaines rythmés par les cadeaux, les repas festifs et des horaires plus souples, les enfants vivent un changement brutal. Comme les adultes, ils doivent passer d’un temps d’exception à un cadre structuré, avec des attentes immédiates en matière de concentration et de discipline.

Face à cette situation, la tentation est souvent de trancher net : ranger tous les jouets, limiter drastiquement les temps de jeu, rappeler fermement les obligations scolaires. Mais les spécialistes de l’enfance le soulignent : une coupure trop brutale peut renforcer la frustration et compliquer la reprise. L’un des conseils les plus efficaces consiste au contraire à ne pas opposer frontalement le jeu et l’école. Autoriser un temps de jeu clairement défini après les devoirs permet à l’enfant de mieux accepter l’effort demandé. Le jeu devient alors un repère, et non une source permanente de distraction.

Autre levier essentiel : réinstaller progressivement les routines. Les vacances de Noël bouleversent les repères temporels, et les enfants y sont particulièrement sensibles. Fixer à nouveau des horaires réguliers pour le goûter, les devoirs, le dîner et le coucher contribue à sécuriser l’enfant et à faciliter le retour à la concentration. Ce sont souvent ces cadres répétitifs, plus que les rappels verbaux, qui aident à remettre l’école au centre.

Le rangement des jouets de Noël mérite lui aussi une attention particulière. Le transformer en moment partagé plutôt qu’en sanction change radicalement la perception de l’enfant. Ranger ensemble, expliquer que certains jouets resteront accessibles le week-end ou à des moments précis de la semaine, permet d’éviter le sentiment de confiscation. Le message est clair : les jouets ne disparaissent pas, ils attendent leur moment.

Côté travail scolaire, les attentes doivent rester réalistes. En janvier, la capacité d’attention est souvent fragilisée. Inutile d’exiger des temps de devoirs prolongés dès les premiers jours. Mieux vaut privilégier des séquences courtes, entrecoupées de pauses, et valoriser l’effort plutôt que le résultat. Cette approche progressive aide l’enfant à reprendre confiance et à retrouver peu à peu ses automatismes.

Les parents jouent également un rôle clé par l’exemple. Exprimer sa propre difficulté à se remettre au travail, tout en montrant que l’on s’y remet malgré tout, peut aider l’enfant à se sentir compris. À l’inverse, une incohérence entre les discours et les comportements notamment face aux écrans peut brouiller le message.

Enfin, il est important de rappeler que la reprise de janvier n’est pas un test d’obéissance, mais une phase d’ajustement. Accepter que tout ne soit pas parfaitement en place dès les premiers jours permet de limiter les tensions inutiles. Avec un cadre clair, du temps et une dose de souplesse, les jouets de Noël finissent par retrouver leur place et l’école par reprendre la sienne.

Amy N’DIAYE

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