La 14ᵉ édition du Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA) 2026 s’est achevée en apothéose, samedi 18 avril 2026, au Palais de la Culture Bernard Binlin Dadié, avec un concert réunissant l’artiste reggae Tiken Jah Fakoly et l’orchestre philharmonique, marquant la fin d’une édition qualifiée d’exceptionnelle par les organisateurs.
Au-delà des spectacles et de l’effervescence artistique, cette biennale a surtout confirmé son rôle stratégique dans le développement des industries culturelles africaines. Selon le directeur général du MASA, Abou Kamaté, l’événement a généré environ 800 promesses de contrats, plus de 1 000 rencontres professionnelles et une quinzaine d’accords de collaboration avec des institutions partenaires internationales. Des résultats qui traduisent, selon lui, la vitalité du marché des arts vivants en Afrique.
L’ampleur de la participation témoigne également du rayonnement de cette plateforme culturelle. Près de 311 programmateurs venus de 72 pays ont pris part aux différentes activités, tandis que plus de 150 groupes artistiques ont proposé environ 300 spectacles durant la période du festival. Au total, 712 professionnels des arts et du spectacle ont été enregistrés, et l’événement a attiré plus d’un demi-million de spectateurs, confirmant l’intérêt croissant du public pour les arts vivants africains.
Pour Kandia Camara, marraine de la cérémonie de clôture, cette progression qualitative du MASA illustre la capacité du continent à affirmer sa souveraineté culturelle. Elle a souligné que le développement des industries créatives et culturelles repose en grande partie sur l’implication active des femmes, appelées à jouer un rôle central dans la structuration du secteur.
Prenant la parole à son tour, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a rappelé que le MASA s’impose aujourd’hui comme la principale plateforme africaine dédiée aux arts vivants. Elle a également indiqué que l’État ivoirien, sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, renforce les mécanismes de financement au profit des acteurs culturels.
Dans cette dynamique, environ 200 professionnels des arts ont bénéficié de sessions de formation pendant le marché. Une enveloppe d’un milliard de francs CFA a été mobilisée à travers le Guichet Fine Culture afin de soutenir les projets artistiques. Une première tranche de plus de 300 millions de francs CFA a déjà été attribuée, sous forme de prêts pouvant atteindre 19 millions de francs CFA, pour accompagner les initiatives jugées pertinentes.

La cérémonie a également été marquée par la remise de plusieurs distinctions récompensant la créativité et l’excellence artistique. Le prix de la meilleure critique d’art a été décerné à Alex Adou, tandis que la chanteuse Soukeina Koné a remporté le prix des Arts féminins Henriette Diabaté, assorti d’une dotation financière conséquente. Le collectif U18 de Marcory s’est illustré dans la catégorie scène décalée, alors que la créatrice de contenu Obré Marie Pascale s’est distinguée parmi les jeunes talents numériques.
Sur le plan régional, les prix de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ont récompensé l’humoriste Phiphi de Tchoukouni ainsi que la slameuse Maférima, témoignant du dynamisme des expressions artistiques contemporaines.
La dimension internationale de cette édition s’est également illustrée par la présence de plusieurs personnalités étrangères, dont le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture,

Gayton McKenzie, ainsi que la ministre congolaise des Arts et de la Culture, Ngola Marie Françoise, accompagnée de son homologue de la Guinée-Bissau.
Au terme de cette édition, les organisateurs se félicitent d’une manifestation qui confirme le MASA comme un levier économique et diplomatique majeur, contribuant non seulement à la promotion des talents africains, mais aussi au rayonnement culturel de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale.
Amy N’DIAYE