Avec 26 ans de journalisme culturel dans les veines, j’ai arpenté des galeries du monde entier, mais peu d’expositions captivent comme celle de SO, l’artiste franco-ivoirienne qui investit le Couloir des Arts du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Son accrochage « Incarnation », lancé en grande pompe le jeudi 9 avril 2026, dure jusqu’au 7 mai prochain. Il s’inscrit dans la belle tradition mensuelle de l’hôtel, qui met chaque fois un talent différent sous les feux de la rampe.
Ce qui frappe chez SO, c’est sa quête mystique : transformer le rebut industriel en portails de lumière divine. Ses sculptures, forgées à partir de chutes d’aluminium d’usines locales ou de chaînes inox de Solibra, renaissent en figures angéliques, guides éthérés qui insufflent douceur et énergie apaisante.
« Ces matériaux oubliés m’interpellent pour une renaissance », glisse-t-elle, évoquant un tissage invisible entre humains, divin et sols habités une ode africaine à la connexion sacrée.
Côté peinture, ses toiles vaporeuses questionnent la genèse : comment le chaos primordial engendre-t-il vie et matière ? Bois flambé, métaux fondus, supports hybrides. SO puise en Afrique un terreau d’inspiration, où prière et énergie dialoguent avec le contemporain. Les acquéreurs de ses pièces jurent un bien-être profond des halos lumineux qui invitent à la méditation une fois allumés.
Dans ce sanctuaire hôtelier, elle ne recycle pas seulement des déchets : elle réinvente l’âme ivoirienne, prouvant que l’art guérit et éclaire. À voir d’urgence pour qui cherche plus qu’un vernissage une révélation.
Amy N’DIAYE