MASA / Rue Princesse Ressuscitée : L’hommage électrique de N’Soleh au coupé-décalé

Imaginez-vous plonger dans un maquis pulsant tout droit sorti de la légendaire Rue Princesse de Yopougon. Lumières qui clignotent, basses qui cognent, corps qui se tordent dans un abandon sauvage. C’est la magie que la Cie N’Soleh a invoquée à la salle François Lougah du Palais de la Culture d’Abidjan-Treichville, lors du Masa 2026.

Dans leur spectacle phare  »On descend à la Rue princesse » retenu au Masa, la troupe ressuscite la joie chaotique de la danse urbaine ivoirienne. Le coupé-décalé, ce cocktail explosif d’extravagance et d’ingéniosité de rue, occupe le devant de la scène, évoluant des « roukaskas » bruts et des flips acrobatiques en une force hypnotique à l’échelle mondiale.

Avec 14 danseurs et un batteur live, N’Soleh recrée l’ambiance vibrante de la Rue Princesse détruite en 2012, retraçant l’ascension du genre des maquis comme le New Black jusqu’à la conquête internationale. C’est une genèse vivante : délires improvisés, « appellements » malicieux et concepts nés dans la fournaise des nuits abidjanaises.

La chorégraphe Massidi Adiatou en capture l’essence : « L’esprit du coupé-décalé vit en nous. J’ai voulu ramener la festivité de la rue à la vie, pour l’envoyer à travers les continents. ». Elle crédite DJ Arafat comme étincelle, dont les innovations audacieuses ont structuré la danse acrobatique au cœur des tumultes politiques des années 2000.

Ce n’est pas qu’un spectacle, c’est une ode à une génération forgée dans la crise, qui a transformé l’imagination en rythme planétaire, prouvant la créativité ivoirienne indestructible.

Amy N’DIAYE

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