Tensions entre le Nigeria et l’Afrique du Sud : Tyla retire Lagos de sa tournée mondiale

La musique n’échappe plus aux tensions qui secouent les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud. La chanteuse sud-africaine Tyla a retiré Lagos de la liste des villes qui devaient accueillir sa tournée mondiale, sur fond de vives réactions suscitées par les violences visant des immigrés en Afrique du Sud.

Aucune explication officielle n’a été fournie par l’artiste ou son équipe. Toutefois, cette décision intervient après une vague d’appels au boycott lancés par des internautes nigérians sur les réseaux sociaux, dans un contexte de colère grandissante face aux attaques xénophobes qui frappent des ressortissants africains installés en Afrique du Sud.

Révélée à l’international avec son tube « Water », Tyla avait annoncé en début de semaine une tournée accompagnant la sortie de son nouvel album « A*POP ». Parmi les étapes figuraient Le Cap, Johannesburg, Paris, New York et Lagos. Mais quelques jours plus tard, la capitale économique nigériane a disparu du calendrier publié sur le site officiel de la chanteuse.

Cette annulation intervient alors que les relations entre Pretoria et Abuja traversent une nouvelle zone de turbulences. Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud est confrontée à un mouvement de contestation marqué par des actes de violence contre les immigrés africains, accusés par certains manifestants d’être responsables du chômage, de la criminalité et de la pression sur les services publics.

La crise a provoqué le départ de plus de 160 000 personnes, selon un décompte de l’AFP fondé sur les chiffres communiqués par plusieurs gouvernements africains. Parmi elles figurent environ 1 500 Nigérians rapatriés vers leur pays d’origine.

Dans ce climat tendu, le Nigeria a multiplié les prises de position fermes à l’égard de Pretoria. Les discussions entre responsables des deux pays cette semaine n’ont pas suffi à apaiser les tensions, qui semblent désormais avoir des répercussions jusque dans l’industrie musicale.

L’absence de Lagos dans la tournée de Tyla illustre ainsi comment une crise politique et sociale peut rapidement franchir les frontières pour affecter les échanges culturels entre deux des plus grandes puissances du continent africain.

Amy N’DIAYE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *