Fièvre, fatigue, douleurs, malaise ou simple contrôle médical : le médecin peut prescrire différents examens pour rechercher l’origine d’un problème ou surveiller l’état de santé d’un patient. Mais derrière ces sigles parfois mystérieux se cachent des outils précieux pour orienter le diagnostic. NFS, CRP, glycémie, ionogramme, bilan rénal, ECBU, radiographie… Voici ce qu’ils permettent réellement d’explorer.
Une ordonnance d’examens médicaux peut parfois ressembler à un véritable langage codé. NFS, CRP, glycémie, ionogramme, bilan hépatique, créatinine, ECBU… Pour le patient, ces quelques lettres et chiffres ne disent pas toujours grand-chose.
Pourtant, derrière chaque examen se trouve une question précise. Le médecin cherche à vérifier le fonctionnement d’un organe, à rechercher une infection, à mesurer certains paramètres biologiques ou encore à confirmer une hypothèse posée après l’examen clinique.
Ces examens ne sont cependant pas systématiques. Leur prescription dépend des symptômes présentés, de l’âge, des antécédents et de la situation de chaque patient.
La NFS, première photographie du sang
Parmi les analyses les plus courantes figure la numération formule sanguine (NFS). Réalisée à partir d’un prélèvement de sang, elle permet notamment d’étudier les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.
Les globules rouges participent au transport de l’oxygène. Les globules blancs jouent un rôle dans les défenses immunitaires. Les plaquettes interviennent notamment dans la coagulation.
Une NFS peut ainsi fournir des éléments utiles dans la recherche d’une anémie, d’une infection ou d’autres anomalies sanguines. Mais un résultat anormal ne suffit pas, à lui seul, à poser un diagnostic.
La CRP, le témoin d’une inflammation
Autre examen fréquemment demandé : la CRP, ou protéine C-réactive. Elle permet d’évaluer la présence d’une réaction inflammatoire dans l’organisme.
Une CRP élevée peut être observée dans différentes situations, notamment certaines infections ou inflammations. Elle ne permet toutefois pas de dire, à elle seule, quelle est l’origine exacte du problème. Le médecin la confronte donc aux symptômes et aux autres résultats.
La glycémie, quand le sucre devient un indicateur
Une simple prise de sang peut également mesurer la glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose dans le sang.
Cet examen occupe une place importante dans le dépistage et le suivi du diabète. Il peut également être demandé lorsqu’un trouble du taux de sucre est suspecté.
Selon le type de glycémie réalisé, les conditions du prélèvement peuvent être différentes. C’est pourquoi il est important de respecter les consignes données par le professionnel de santé ou le laboratoire.
L’ionogramme pour surveiller l’équilibre de l’organisme
Le corps a besoin de plusieurs électrolytes pour fonctionner correctement. L’ionogramme sanguin mesure notamment le sodium, le potassium et le chlore.
Ces éléments interviennent dans le fonctionnement des muscles, des nerfs et du cœur. L’examen peut être particulièrement utile dans certaines situations comme les vomissements, les diarrhées ou la déshydratation, mais aussi pour surveiller certains traitements ou certaines maladies.
Cholestérol : ce que raconte le bilan lipidique
Le bilan lipidique s’intéresse notamment au cholestérol total, au HDL, au LDL et aux triglycérides.
Ces différentes données permettent au médecin d’évaluer le profil lipidique d’un patient et de contribuer à l’estimation de son risque cardiovasculaire.
Un taux élevé de LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », peut notamment constituer un facteur de risque cardiovasculaire. Mais l’évaluation ne se limite pas à un seul chiffre : elle prend en compte l’ensemble du profil du patient.
Le foie aussi laisse des traces dans le sang
Le bilan hépatique regroupe plusieurs analyses destinées à rechercher une éventuelle atteinte du foie ou des voies biliaires.
Les transaminases font notamment partie des paramètres qui peuvent être dosés. Des valeurs anormales peuvent être observées dans diverses situations : maladies du foie, infections, consommation excessive d’alcool ou encore effets de certains médicaments.
L’interprétation dépend là encore du contexte médical.
Créatinine et urée : les reins sous surveillance
Les reins jouent un rôle essentiel dans l’élimination des déchets produits par l’organisme. Pour apprécier leur fonctionnement, le médecin peut notamment demander un dosage de la créatinine et de l’urée.
La créatinine est particulièrement utilisée pour évaluer la fonction rénale. Une anomalie peut conduire le médecin à approfondir les investigations.
Il ne faut cependant pas attendre l’apparition de symptômes pour s’intéresser à la santé rénale : certaines maladies rénales peuvent évoluer longtemps sans signes évidents.
ECBU : quand les urines parlent
Brûlures en urinant, envies fréquentes d’uriner, douleurs ou fièvre peuvent conduire le médecin à rechercher une infection urinaire.
C’est notamment le rôle de l’ECBU, examen cytobactériologique des urines. L’échantillon d’urines est analysé afin de rechercher notamment des bactéries.
Lorsque la culture met en évidence un germe, un antibiogramme peut permettre de déterminer quels antibiotiques sont susceptibles d’être efficaces. L’objectif est alors d’aider le médecin à choisir le traitement le plus adapté.
Test de grossesse : rechercher l’hormone hCG
Le test de grossesse recherche l’hormone hCG, produite au début de la grossesse.
Il peut être réalisé à partir des urines ou du sang. Dans certaines situations, le médecin peut privilégier une prise de sang afin d’obtenir des informations complémentaires.
Chez une femme en âge de procréer, cette information peut également être importante avant certains examens ou traitements médicaux.
Radiographie et échographie : regarder à l’intérieur du corps
Les examens médicaux ne se limitent pas aux analyses biologiques.
La radiographie utilise les rayons X pour produire des images de certaines parties du corps. Elle est notamment courante pour rechercher une fracture ou explorer certaines anomalies du thorax.
L’échographie, elle, utilise les ultrasons. Elle permet d’observer différents organes et structures, notamment dans l’abdomen ou le pelvis, et occupe également une place importante dans le suivi de la grossesse.
Ces techniques donnent au médecin une autre fenêtre sur l’organisme, lorsque l’examen clinique ne suffit pas à lui seul. Derrière chaque examen, une question médicale
Sang, urines ou images : ces examens ont un objectif commun, apporter des éléments permettant au médecin de comprendre ce qui se passe dans l’organisme.
Mais attention aux interprétations faites seul, à partir d’une feuille de résultats. Une valeur supérieure ou inférieure à la norme ne signifie pas nécessairement qu’une maladie est présente. Les valeurs de référence peuvent varier selon les laboratoires et doivent être interprétées en fonction du contexte.
Le diagnostic médical repose sur un ensemble d’éléments : les symptômes racontés par le patient, l’examen clinique, les antécédents et, lorsque cela est nécessaire, les résultats des examens complémentaires.
Autrement dit, une analyse ne raconte jamais toute l’histoire. Elle fournit une pièce du puzzle. C’est au professionnel de santé de réunir ces différentes pièces pour comprendre la situation et décider de la conduite à tenir.
Amy N’DIAYE