La commune de Bédiala, dans le Haut-Sassandra, vient de se doter d’un outil de pilotage pour les cinq prochaines années. Mardi 22 septembre 2026, à la mairie, le Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 a été officiellement remis aux autorités municipales par la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » (CUAPTD), rattachée à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.
Une feuille de route née du terrain
Conçu comme un cadre de référence pour guider l’action municipale, ce PSD s’appuie sur un diagnostic territorial qui dresse un état des lieux sans concession. Le document met en lumière les atouts de la commune : un potentiel agricole à valoriser, un patrimoine culturel et naturel riche, et une électrification acquise dans ses dix villages.
Mais le diagnostic pointe aussi les goulets d’étranglement qui freinent le décollage de Bédiala : l’accès à l’eau potable, la couverture sanitaire et scolaire, l’assainissement, l’état des routes rurales et la faible transformation locale des productions agricoles. Autant de défis que le PSD entend adresser de manière structurée.
Une démarche participative pour coller aux réalités
L’élaboration du plan n’a pas été une affaire de bureau. Elle a suivi une démarche participative, avec des consultations menées auprès des populations, des administrations, des services publics, des chefs traditionnels, des femmes, des jeunes, des organisations professionnelles et des opérateurs économiques.
Le processus a débuté par un atelier de cadrage, suivi d’une phase de collecte de données et de concertations. Une première version du document a ensuite été présentée aux populations, dont les observations et recommandations ont été intégrées avant la finalisation.
Pour Dr Kouamé Kouakou Noël, représentant le titulaire de la CUAPTD, cette approche permet de construire une vision du développement ancrée dans les réalités, les besoins et les aspirations des habitants de Bédiala.
Le PSD 2026-2030 retient six orientations majeures pour impulser un développement plus inclusif et durable :
Renforcement du capital humain
Amélioration des infrastructures et des services sociaux de base
Modernisation de l’économie locale
Valorisation de l’agriculture et de ses filières
Protection de l’environnement
Renforcement de la gouvernance locale
Ces axes doivent permettre à la commune de mieux mobiliser les ressources et de coordonner les interventions de l’État, des partenaires au développement, du secteur privé et des acteurs locaux, selon le maire Kouamé Bah Jean Yves Yao.
Lors de la cérémonie, le sous-préfet de Bédiala, Kouassi Hamed Kouadio, a insisté sur la valeur de la prospective dans la planification du développement local.
« Se projeter à cinq, dix ans ou davantage doit permettre d’anticiper les besoins futurs et de mieux orienter les actions en faveur des populations », a-t-il souligné.
Rattachée à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » accompagne régulièrement les collectivités territoriales, les États et les organisations sous-régionales dans l’élaboration d’études et de plans stratégiques.
À l’horizon 2030, ce PSD doit servir de boussole à la commune de Bédiala pour transformer ses potentialités en projets concrets, répondre aux défis identifiés et orienter ses investissements vers un développement local plus inclusif et durable.
Le maire a salué l’accompagnement de la Chaire UNESCO et promis de faire bon usage de ce document pour orienter l’action municipale. Reste maintenant à traduire cette feuille de route en chantiers visibles sur le terrain, là où l’attend le plus grand nombre : l’eau, la santé, l’école, les routes et la transformation des produits du terroir.
Ortis. A avec Sercom