Accès à l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire : l’association des femmes juristes échange avec les journalistes

L’association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) a tenu, ce jeudi 6 février 2025, à Angré (Cocody), une rencontre avec des journalistes pour échanger sur le cadre juridique de l’accès à l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire.

Cette initiative vise à éclairer l’opinion publique sur la réglementation en vigueur et à plaider pour une meilleure protection des droits des femmes face aux réalités médicales et sociales. Lors des discussions, Agathe Blanc, cheffe de projet au sein de cette association, a souligné l’importance pour les femmes de connaître leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive, au-delà du bien-être.

‘’ Le Protocole de Maputo garantit, de manière spécifique, en son article 14, le droit des femmes à la santé et au contrôle de leurs fonctions de reproduction, notamment : le droit d’exercer un contrôle sur leur fécondité, le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances, le droit de choisir librement une méthode de contraception et le droit à l’éducation sur la planification familiale’’, dit-t-elle.

Selon elle, les questions de santé sexuelle et reproductive touchent de nombreuses femmes, malgré la ratification par la Côte d’Ivoire de plusieurs textes internationaux, dont le Protocole de Maputo. Ce dernier recommande un accès à l’avortement médicalisé dans certains cas (viol, inceste, risque pour la santé de la mère ou du fœtus). En attendant, l’AFJCI réaffirme son engagement à sensibiliser et accompagner les femmes sur leurs droits, tout en poursuivant son plaidoyer pour une justice plus protectrice en matière de santé reproductive.

Cependant, en Côte d’Ivoire, l’avortement reste interdit, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Ce cadre légal restrictif favorise les avortements clandestins, qui concernent 60 % des 230 000 avortements pratiqués chaque année, exposant ainsi les femmes à de graves risques sanitaires.

Rappelons que la mortalité maternelle demeure un problème majeur en Côte d’Ivoire, malgré les efforts des autorités. Le taux, bien qu’en baisse, est passé de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012 à 385 en 2021, un chiffre toujours alarmant.

Florence EDIE

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