Cinéma : Sékou Ouédraogo, maître de la lumière burkinabè

Assis sur une chaise en bois, Sékou Ouédraogo écoute plus qu’il ne parle, mais chaque mot qu’il prononce porte le poids d’une vie consacrée à l’image. Né dans une époque où le cinéma en Haute-Volta n’en était qu’à ses balbutiements, il devient l’un des pionniers du 7ᵉ art africain. Sans formation académique initiale, il apprend à manier la caméra et la lumière auprès du coopérant français Serge Ricci, avant de se perfectionner au Conservatoire libre du cinéma français.

De retour au pays, il devient le premier directeur de la photographie de la Haute-Volta. Il signe la lumière de Sang des parias (1973), premier long-métrage de fiction burkinabè, puis de Sur le chemin de la réconciliation (1976), imposant sa rigueur et sa créativité. Aux côtés d’Issaka Thiombiano et plus tard de Gaston Kaboré, il contribue à faire du cinéma burkinabè une référence africaine et internationale.

Sékou Ouédraogo n’est pas seulement un technicien de génie : il a été un mentor et un passeur de savoir, transmettant rigueur, éthique et passion aux jeunes cinéastes. Il fut aussi témoin et acteur de la naissance du FESPACO, faisant entrer le Burkina Faso sur la carte du cinéma africain.

Discret, humble et profondément humain, il est également un père et un grand-père attentionné, aimé de sa famille et admiré par ses pairs. Aujourd’hui, son nom reste associé à l’exigence, à la créativité et à la mémoire vivante du cinéma burkinabè.

Amy N’DIAYE avec le faso.net

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